Déployer le management environnemental

En 2017, nous avions épuisé les ressources naturelles que la Terre peut produire en une année dès le 2 août. La surexploitation de nos écosystèmes, le rejet des émissions de gaz à effet de serre pour produire et développer nos économies met paradoxalement en danger l’ensemble de nos activités. D’autre part, selon un rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de 2016, de 3,2 à 7 millions de personnes meurent à travers le monde chaque année à cause de la pollution. Nous devons agir sur l’ensemble de ces enjeux liés à la production de nos produits Decathlon : l’utilisation des ressources naturelles, la pollution industrielle de l’eau, du sol, de l’air, l’impact de nos déchets et leurs répercussions sur le réchauffement climatique et la santé des populations locales.

Decathlon, dans le cadre de son implication dans la responsabilité en production, agit au plus près des impacts en demandant notamment à ses fournisseurs concernés par les rejets d’eaux usées industrielles de respecter un cahier des charges spécifique et de veiller au respect des enjeux de pollution.

Les fournisseurs sont désormais évalués selon une grille d’audit environnemental (A, B ou C selon le risque de pollution qu’elles représentent) et les coéquipiers en bureau de production formés et animés pour veiller chaque jour au respect de ces exigences.

Le management environnemental en chiffres
le 31/12/2017

En synthèse pour 2017

Nous déployons le projet Greenway d’audits environnementaux pour prévenir les risques de pollution de nos fournisseurs sur le triptyque eau, sol, air.

Nous renforçons notre vigilance sur les fournisseurs ayant obtenu la note “E” selon notre grille d’audit et nous nous attachons à trouver une solution rapide pour stopper le dysfonctionnement.

Nous multiplions les échanges de bonnes pratiques entre les sites de production pour valoriser la prise d’autonomie et de responsabilité et favoriser les duplications de solutions vertueuses.

Le projet Greenway, la concrétisation de nos ambitions

En 2017, une nouvelle démarche, appelée Greenway, a été déployée pour prévenir le risque de pollution de nos fournisseurs.

Ce projet s’articule autour de la protection du triptyque eau, air et sol.

Pollution de l’eau : s’assurer que les eaux industrielles rejetées sont conformes aux exigences de Decathlon. En cas de divergence entre les normes locales et notre cahier des charges, nous appliquons la norme la plus stricte ;

Pollution de l’air : s’assurer que des particules dangereuses ne sont pas rejetées dans l’air ;

Pollution des sols : garantir que les déchets dangereux ne soient pas lessivés par la pluie et ne polluent pas les nappes phréatiques qui sont utilisées notamment pour extraire de l’eau potable.

Les audits environnements

Les audits environnements permettent ainsi de faire un diagnostic de la situation observée selon la grille mise au point par nos équipes internes. Le résultat prend la forme d’une note finale attribuée aux fournisseurs :

A Exemplaire : anticipation des risques.

B Systèmes efficaces : gestion efficace des risques.

C Consolidation : management du risque en cours de construction.

D Élémentaire : risque de pollution dans les six mois.

E Inacceptable : pollution avérée avec un réel danger pour la santé des populations locales.

Lorsque les résultats ne sont pas conformes aux limites fixées (note E), le fournisseur dispose de six mois pour identifier la cause et corriger le problème, avec l’appui de nos équipes sur place. S’il s’agit d’un nouveau fournisseur, nous ne mettons pas en place de relations commerciales avant sa mise en conformité.

Nous avons priorisé en 2017 l’accompagnement des fournisseurs ayant obtenu la note “E” pour qu’ils basculent rapidement en “D”, puis progressent vers un management du risque de plus en plus performant. Dans ce sens, nous avons validé en interne 6 formateurs couvrant le périmètre Chine, Inde, Vietnam, Bangladesh, Afrique et Europe pour accompagner les fournisseurs dans l’amélioration des conditions de management environnemental de leurs usines.

Ce travail a aussi été possible grâce à la décision d’externaliser la réalisation des audits environnementaux de nos fournisseurs via le cabinet SGS. Nous avons ainsi pu accélérer le déploiement de cette stratégie et multiplier par sept le nombre de fournisseurs évalués. Cette collaboration avec le cabinet a permis à nos équipes de se concentrer sur l’accompagnement des plans d’action chez les fournisseurs audités.

La volonté à terme est que ces audits environnementaux soient réalisés également par des équipes internes.

Focus
« Notre cahier des charges “eaux usées” comme outil de cadrage des pratiques »

Notre cahier des charges couvre les principaux paramètres en matière de suivi de la pollution de l’eau. Il s’appuie sur les normes internationales de qualité des eaux usées définies par la Banque mondiale et par le programme ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemical) dont les travaux font figure de référence pour certaines substances dangereuses.

Focus
« L'environnement et les populations locales »

Nous concentrons nos efforts sur les usines ayant des procédés industriels, potentiellement à risque pour l’eau, l’air et les sols, car utilisant beaucoup d’eau, de produits chimiques et d’énergie à savoir la teinture, le tannage du cuir, l’impression textile, les traitements de surface et la peinture des métaux. Les quantités d’eaux usées industrielles sont un bon indicateur de risque, car plus on utilise d’eau, plus on utilise en général de produits chimiques et de chaleur. Afin de prioriser nos actions, nous avons donc défini une limite au-delà de laquelle les fournisseurs utilisant ces process industriels à risque doivent être obligatoirement audités : plus de 50 m3 d’eaux industrielles à traiter par jour. Nous recensons environ 300 fournisseurs répondant à ces critères.

Accompagner nos fournisseurs vers une réduction de leurs émissions de CO2

Pour atteindre notre objectif de stabilisation de nos émissions de gaz à effet de serre à 2021, nous impliquons désormais également nos fournisseurs. Nous avons démarré en 2017 un premier travail d’état des lieux sur ce sujet, grâce à notre outil de calcul d’impact environnemental Ressource Advisor, qui permet à nos partenaires de réaliser leurs bilans C02.

La priorité en 2018 est d’accompagner l’amélioration des pratiques chez nos 35 fournisseurs partenaires et particulièrement nos 18 partenaires en Chine. Le déploiement de cette démarche de progrès de réduction des émissions de CO2 au niveau des sites de production sera d’abord mis en oeuvre par la formation, pour amener chaque fournisseur à être autonome dans la mesure de leur bilan carbone. Nous accompagnerons ensuite nos fournisseurs pour mettre en place des plans d’action de réduction de ces émissions axés sur l’efficience énergétique.

Mamum Talukder RAJIB
LE PARTAGE DE BONNES PRATIQUES, DU BON SENS QUI FONCTIONNE
Meeting with Mamum Talukder RAJIB

Responsable DD en production au Bangladesh.

En tant que formateur, que fais-tu pour accompagner
nos fournisseurs utilisant le process de teinture ?
Au Bangladesh, nous comptons actuellement 58 fournisseurs actifs (Rang 1 et 2). Parmi eux, 18 fournisseurs étaient
concernés par les audits environnementaux en 2017.
Dès son lancement, partager le sens avec nos fournisseurs est apparu comme une priorité.
La difficulté a été de tenir compte du paramètre “couleur des eaux rejetées”. En effet les exigences de Decathlon vont
au-delà des contraintes règlementaires locales.
Pour autant, quelques fournisseurs de mon panel avaient déjà mis en place un très bon système de traitement des
eaux usées. Nous avons choisi de fonctionner sur la base de duplication des bonnes pratiques observées ailleurs. Nous
prenons pour exemples les usines qui ont de bons résultats en termes de prévention et réduction de la pollution et nous
reproduisons leurs bonnes pratiques dans d’autres usines.
Nous réalisons au préalable une étude de faisabilité puis travaillons en étroite collaboration avec les responsables d’usines.
Dans quelle mesure cela a-t-il amélioré l’impact environnemental de ces usines ?
Courant 2017, nous avons identifié des non-conformités à nos exigences chez 4 fournisseurs.
Ce travail collaboratif a donné lieu à des actions correctives immédiates comme l’ajout d’un processus chimique de
décoloration au système de traitement des eaux.
Des mesures à long terme ont également été lancées et ont commencé à donner des résultats sur la réduction des
coûts de fonctionnement et le gain d’efficacité. Les usines, en s’alignant sur les standards de Decathlon, anticipent le
renforcement de futures législations locales et sont plus durables.